Entretien exclusif avec Jacques Monclar, conseiller du Paris-Levallois partie 2

Entretien exclusif avec Jacques Monclar, conseiller du Paris-Levallois partie 2

Kach 3/1/2014 à 20h15

On se retrouve pour la deuxième partie de notre intretien exclusif avec Monsieur Jacques Monclar. Cette fois on parle NBA, de nos Français sur la planète US et sur la magnifique aventures de nos Bleus en Slovénie. A votre bon plaisir chers lecteurs.

 

 

Inside Basket Europe : Alors nous allons faire un bond sur la planète NBA et en Conférence Est avec notamment l'Atlantic Division surnommée la Titanic Division. Comment expliquer la déroute des Nets, des Knicks ou encore celle des Bulls encore sans Derrick Rose ?

 

Jacques Monclar : Les Bulls ont certes déjà joué sans Derrick Rose, mais il y avait Marco Bellinelli et Nate Robinson, ce qui changeait un peu le décor. Ils étaient préparés mentalement et ils avaient eu le temps de s'organiser à pouvoir jouer sans lui. Bellinelli et Robinson sont loin d'être des pipeaux. Là, ce forfait leurs tombe dessus avec un effectif réduit. L'absence de Derrick Rose n'excuse pas, mais cela explique bien des choses, d'autant que Kirk Hinrich n'est pas un joueur qui a une santé monumentale.

 

Pour ce qui est des Nets, il suffit de faire la comparaison avec le Heat. Si vous enlevez LeBron James, Chris Bosh, et leur premier remplaçant Ray Allen ça va faire des dégâts. A Brooklyn sans Deron Williams, sans Brook Lopez et sans Andreï Kirilenko absent depuis le début, il y a là aussi des raisons objectives qui expliquent le parcours des Nets. Il faut gérer le temps de jeu de Kevin Garnett et de Paul Pierce ce qui est compliqué, mais je reste persuadé que malgré l'absence pour la saison de Lopez que les Nets vont y arriver. Ils passeront limite, mais ils passeront en playoffs j'en suis convaincu. Mikhaïl Prokhorov est capable de prendre un joueur disponible dans les grands pour couvrir Lopez. Sinon il y a des garçons comme Reggie Evans ou Andray Blatche qui seront plus sollicités et ces gars ont du basket.

 

Malgré l'absence pour la saison de Lopez, les Nets vont y arriver.

 

Quant aux Knicks, c'est typiquement une équipe où les mecs jouent les uns après les autres et pas ensemble. J'adore les Knicks et si je voulais aller à l'extrême, je dirais que c'est une équipe coachée par un super coach défensif qui possède une équipe d'attaquants qui tire à 35%. Donc ça complique le dossier. Il n'y a pas de meneur aux Knicks, ce qui est une erreur parce qu'il n'y a pas de construction.

 

ISBE : On peut dire d'ailleurs que Jason Kidd centralise les défaillances des franchises de New York. D'un côté il arrive trop vite aux Nets en tant que coach, et la saison dernière c'était LE Meneur des Knicks qui ont réussi.

 

J.M : On va être plus clair que ça si je peux me permettre, il n'y a plus de Q.I Basket. C'est une équipe de poulets sans tête. Elle court, elle shoote voilà. Pour moi la seule solution serait de jouer en small ball avec Carmelo Anthony en 4 et en espérant qu'il soit adroit. Les Nets eux arrivent à mettre leurs paniers et ils ont réussi à leurs mettre 30 points. Les Knicks n'ont pas gagné un match contre la Conférence Ouest (0-9 avant la victoire face aux Spurs hier soir), et à la maison ils ont un ratio minable de 4-12.

 Aux Knicks il n'y a plus de Q.I Basket. C'est une équipe de poulets sans tête.

Les Knicks ne joueront pas les playoffs. Les Atlanta Hawks sont certains de les jouer avec forcément le Heat et Indiana. Des équipes comme Boston ou Detroit gagnent des matchs. Brad Stevens est un super coach et emmènera les Celtics aux playoffs. Je pense que Detroit aussi fera les playoffs. Les Nets également feront les playoffs comme j'ai dit. Philadelphie sera un peu court et je pense aussi que les Bobcats seront de la partie. Kemba Walker progresse, Al Jefferson change de décor, Josh McRoberts fait une excellente saison. Voilà je pense que l'on a pratiquement les équipes à l'Est qui vont arriver aux playoffs.

 

ISBE : Concernant nos frenchies, nous allons nous pencher sur ceux qui ont refusé la sélection française cet été comme Joakim Noah, Ian Mahinmi ou encore Kevin Séraphin. Est-ce que vous pensez que ces joueurs ont justifié leur choix de ne pas faire l'Euro 2013 ?

 

J.M : Chacun fait ce qu'il veut, chacun à ses raisons et on peut le comprendre. Après il y a les raisons invoquées. Je constate personnellement que Kevin nous avait dit que son club ne voulait pas trop qu'il y aille alors que Washington a laissé Jan Vesely y aller, ce dernier a été plus utilisé que Kevin jusqu'à maintenant. Vu l'utilisation qu'il faisait de lui au début, je ne pense pas que c'était vraiment ce qu'il nous a raconté.

 

Après on ne peut obliger personne à rejoindre l'Equipe de France, mais c'est souhaitable. Personnellement je n'étais pas d'accord avec ses raisons, je lui ai dit, mais je l'aime beaucoup Kevin. Je trouve qu'il a un talent fantastique. Il a du physique, du dynamisme, de bonnes mains. A sa place, j'y serai allé puisque entre s'entraîner ou jouer contre des pivots slovènes, croates, lituaniens et espagnols c'est très enrichissant. Maintenant, la question ne s'est pas posée puisqu'Alexis Ajinça s'est éclaté, que Johan Petro en a profité pour se mettre en route et que Joffrey Lauvergne a aussi très bien accompagné l'affaire.

Personnellement je n'étais pas d'accord avec les raisons de Kevin Séraphin

Quant à Ian Mahinmi c'est un peu le même type de problème. Il y a eu une incompréhension, un manque de communication mais c'est de son âge à Ian. Pour ce qui est de Joakim, les gens doivent bien comprendre qu'il avait commencé la saison NBA en vrac et qu'il était vraiment blessé. Alors bien sûr on l'a vu jouer un match de foot et marquer un but, mais il y a une différence entre un match d'exhibition et être envoyé dans un championnat d'Europe contre les pivots allemands, ukrainiens, etc.

 

ISBE : En parlant d'Alexis Ajinça, on a vu un nouveau pivot en équipe de France qui a progressé sur le terrain avec de grosses performances, et une nouvelle mentalité. Comment voyez-vous Alexis sur et en-dehors du terrain ?

 

J.M : En dehors du terrain, c'est un garçon qui a maturé. Maintenant c'est un jeune homme. Il a 25 ans, mais les pivots se développent plus tard mentalement. Il a peut-être vécu un peu dans le rêve et puis il a payé pour savoir. Sur le terrain on voit maintenant un joueur qui ne refuse plus le contact, qui a toujours sa bonne main extérieure et un joueur qui ne se décompose plus sur les contacts pendant les mouvements près du cercle.

 

Il a toujours cette présence au contre et en défense. Il a été adoubé par Tony Parker et Boris Diaw en équipe de France qui lui a permis de franchir un niveau mental et physique très important. C'est une réussite, il s'est bien ressourcé.

Alexis Ajinça est une réussite, il s'est bien ressourcé. Il a maturé.

ISBE : Il va s'imposer chez les Pelicans ?

 

J.M : Pour l'instant, il nous a fait un gros premier match avec notamment 11 rebonds et 4 points. Les Pelicans font jouer Anthony Davis en 4, Ajinça sera en 5 et il va falloir qu'il s'envoie des lascars de 12-130-135 kilos. C'est son objectif. (Ajinça a joué six matchs pour une moyenne de 3pts (56%), 4,2rbds en 12 minute de jeu).

 

ISBE : On dit toujours que le Big Three des Spurs vit sa dernière saison, mais ils sont toujours là et bien là. Quand est-ce qu'ils vont prendre leurs retraites ?

 

J.M : Tony pas tout de suite, mais si on parle de Tim Duncan et de Manu Ginobili on peut penser que c'est leur avant dernière saison voire la dernière. Ils sont peut-être un peu moins bien en ce moment parce qu'ils perdent contre les gros du Top 4 de manière récurrente comme contre les Clippers ou le Thunder. Par contre leur effectif et leur rotation leurs permettent de gagner beaucoup de matchs et notamment sur des équipes qui ont de l'ambition.

 

ISBE : Enfin dernière question : Votre expérience lors de ce fabuleux Euro 2013. Que retenez-vous de ce parcours, vous qui êtes une des gloires de l'équipe de France avec 200 sélections ?

 

De toute façon, quand vous dites que j'ai vécu à côté d'eux, j'ai plus l'impression d'être avec eux. Je passe les voir tous les jours, on tchatche, on plaisante entre nous. Je les adore, ils le savent.

 

Ils ont été fantastiques. Tony a géré ça de main de maître, même s'il savait parfois que certains matchs comptaient pour du beurre. Les haters ont en profité pour critiquer volontiers sur lui, mais sur les matchs couperets ils ont été là et ils ont été monumentaux.

 

Il y a eu une réelle alchimie qui s'est créé autour de Tony et autour de Boris qui lui a été constant et efficace durant cet Euro. Ils ont pris  beaucoup de plaisir et ils ont donné aussi beaucoup. Il y aura des moments inoubliables comme quand ils affrontent  la Slovénie avec tout le public contre les 12 de l'EDF, c'était génial.

Il y a eu une réelle alchimie qui s'est créé autour de Tony et de Boris

Après en demi-finale face à l'Espagne, avec le scénario que l'on connait avec le -14 à la mi-temps, la révolte de Tony et l'équipe qui avance. Et enfin en finale, ils nous livrent un bijou de basket et c'est rare en sport collectif de faire son meilleur match en finale. Y a tout eu dans ce match collectivement. Nicolas Batum qui avait un peu pioché en attaque, même sil a été monumental dans les autres compartiments du jeu, qui pète une durite en marquant 15 ou 17 points en première mi-temps.

 

On a Boris dans le troisième quart-temps qui persécute la défense lituanienne et notamment Linas Kleiza. Qui aurait pu penser que la défense en zone de la Lituanie allait exploser comme ça et notamment au poste avec les paniers de Flo Pietrus et de Johan Petro. On peut aussi parler de l'impact d'Antoine Diot qui a été très précieux. Les Lituaniens avaient une énorme équipe, ils n'ont pas lâchés. Enfin le dernier quart-temps c'était pour le patron Tony. Ca a été un moment délicieux, pour eux d'abord, pour tout le basket français ensuite, pour les anciens jusqu'à nos papas, pour nous…

 

C'était génial et puis il y a eu ce moment dans la salle si intense. La France est championne d'Europe, le podium est monté et ils annoncent qu'il va y avoir la désignation du MVP du tournoi et là toute la salle avant de connaître les résultats se met a scandé "Tony, Tony, Tony…". Là c'était un moment wouah. Et puis après ça a été aussi agréable, ça a bien célébré (rires).

Ca a été un moment délicieux, pour eux d'abord, pour tout le basket français ensuite, pour les anciens jusqu'à nos papas, pour nous… C'est beau une équipe qui gagne.

Que l'on soit champion d'Europe, de NBA, la finale que j'ai eu le plaisir de commenter, c'est beau. Certes les Spurs sont passés tout près, mais quand on voit la joie de gars comme LeBron James, Dwayne Wade qui sont comme des gosses, même Pat Riley...C'est beau une équipe qui gagne. Il y a eu ce game 6 avec Ray Allen sur le fil, ça prouve que l'on n'a jamais gagné tant que le buzzer n'a pas sonné pas. C'est aussi pour cela qu'on aime le basket.

 

ISBE : Merci encore beaucoup de nous avoir fait l'honneur de répondre à nos questions.

 

J.M : C'est avec plaisir.

 

Vous pouvez retrouver la première partie de cet entretien en cliquant…bah là en fait.