Valérie Garnier: ''Il faut changer notre attitude sur ce second match''

Valérie Garnier: ''Il faut changer notre attitude sur ce second match''

Angélique 21/5/2014 à 22h12
Valérie Garnier - Bourges

Inside Basket Europe: Bonjour Valérie et je tiens à vous remercier de nous accorder quelques instants pour répondre à nos questions.

 

A partir de 2011, vous prenez les commandes de l'équipe de Bourges et vous succèdez à Pierre Vincent, une figure de proue du basket féminin et masculin, comment s'est passée votre intégration?

 

Valérie Garnier: J'ai l'impression que cela fait loin déja alors que cela fait que 2 ans, 3 saisons. L'intégration s'est bien passée même si les premiers temps ont été un petit peu difficiles parce qu'on ne remplace pas un homme comme Pierre (Vincent) et tout ce qu'il a fait dans ce club.

 

ISBE: Revenons sur cette saison avec Bourges avec un point sur l'EuroLeague où vous décrochez une magnifique 4ème place derrière les grosses écuries Turques et Russes, quel est votre bilan à vous?

 

V. G: On l'avait mal démarrée, l'année d'avant aussi contre Fenerbahce à l'époque. Bon là, il y avait un match contre Prague qui était important et il y a eu une petite déception à la sortie du match. On avait l'impression qu'on aurait pu... Quand on s'est retrouvé à jouer contre Ekaterinbourg, on venait d'apprendre que Prague avait perdu et qu'on avait encore une possibilité, même si on perdait contre Ekaterinbourg, de se retrouver en 1/2 finale. On a abordé ce match en sachant qu'il y avait encore un espoir, cela nous a redonné un peu de baume au coeur. Cela ne nous a pas empêché de prendre une grosse claque face à Ekaterinbourg et au bout de 8 minutes, on perd Jo (Leedham) donc ça faisait beaucoup. 

 

Et puis les filles ont eu cette réaction formidable contre Orenburg où il fallait gagner de + 9 pts pour se retrouver en 1/2 finale donc dans la même situation que l'année dernière. C'était déjà formidable par rapport à notre parcours de se retrouver en 1/2 finale mais je sais qu'il y a un petit sentiment que les joueuses partagent avec moi, un goût d'inachevé sur ce Final 8 même si effectivement vu les circonstances, la 4ème place est tout ce qui est de plus honorable.

 

ISBE: Un sans-faute en Coupe de France, une finale et une victoire, le seul trophée qui vous manquait en tant qu'entraîneur?

 

V.G: (rires) Oui, la 1ère année, elle nous avait échappé contre Arras donc c'était un mauvais souvenir en 2012. 

En 2013, c'est un second très très mauvais souvenir parce qu'on avait été éliminées en 1/4 de finale contre Lyon et surtout le mauvais souvenir que Stella (Kaltsidou) s'était blessée et ce, 4 jours avant de partir au Final 8 donc la Coupe de France nous marquait depuis 2 ans. Et c'est avec énormément de plaisir qu'on a été satisfaites de pouvoir ramener la Coupe à Bourges (rires). 

 

ISBE: Une saison en championnat que vous survolez (26 matches dont 2 défaites), une finale mais un 1er round en votre défaveur où vous rencontrez une équipe de Montpellier très aggressive, quels seront les points à améliorer?

 

V.G: Oui, on a eu une équipe de Montpellier qui nous a donné une leçon de volonté, d'envie et qui a bien récité son basket. On n'a pas été à la hauteur de cette finale qu'on attendait aussi. On ne travaille pas toute une année pour la prestation qu'on a fait lors du match aller de la finale. 

On doit être autrement, être nous même, être dans la volonté, l'envie, l'abnégation, dans l'humilité, dans toutes ces valeurs.

Il y a des choses techniques à faire défensivement et on doit trouver des solutions pour être beaucoup plus performantes en attaque. On a eu comme Montpellier 4 jours pour essayer de trouver des solutions par rapport à ce que Montpellier nous a proposé défensivement et/ou offensivement. Mais en dehors des solutions techniques et tactiques, il faut changer notre attitude sur ce second match.

 

ISBE: Un bilan de saison, Une 4ème place en EuroLeague, une Coupe de France, une finale de Championnat et un potentiel 13ème titre pour le club, c'est une saison globalement satisfaisante?

 

V.G: En cas de titre de Championnes de France, ça serait une saison très bien. Si à présent, le titre s'en va à Montpellier, voilà, on terminera sur cette impression qui sera une impression très mitigée obligatoirement.  Ca sera la dernière et c'est toujours celle qui reste. Alors oui! l'EuroLeague, oui! la Coupe de France qu'on a vraiment appréciée et bien vécue mais il manquera quelque chose. Montpellier, elles ont eu des épreuves, des blessures, des difficultés en Championnat pour se qualifier. Je pense qu'elles ont à coeur d'être en finale, d'être en finale contre nous pour réagir. Et je pense que ce qu'il s'est passé l'année dernière les a marqué aussi et qu'elles ont tiré les leçons et l'expérience. 

 

ISBE: Votre bilan à vous en tant qu'entraîneur à Bourges, c'est 2 finales de Coupe de France dont 1 gagnée, 2 voire 3 titres de Championnes de France, une 3ème et 4ème place en EuroLeague, c'est un bilan plus que positif?

 

V.G: (rires) Oui il sera d'autant plus positif si on arrive à renverser la tendance vendredi. Je ne parle même pas de dimanche. Je veux juste qu'on puisse s'offrir un match dimanche. Le 1er objectif, c'est de saisir la chance, l'opportunité d'avoir encore un match à jouer, celui de vendredi qui peut nous en amener un second.

 

ISBE: C'est pour qu'Emmeline (Ndongue) ne prenne pas sa retraite toute de suite? (rires)

 

V. G: (rires) Oui et puis les joueuses, elles aiment gagner aussi. Je pense aussi qu'Emmeline, elle préfère partir sur un titre. Mais avant de parler ''titre'', il faut parler du match de vendredi et il faudra changer beaucoup de choses par rapport à ce qu'on a fait dimanche.

 

ISBE: Un petit mot sur la nouvelle composition de l'équipe de Bourges l'année prochaine? On parle d'Hélèna Ciak qui pourrait rejoindre l'effectif Tango?

 

V. G: Pour l'instant, j'ai rien à confirmer mais en général c'est le Président de Bourges qui confirme. Des choses se font et elles seront avancées quand elles seront faites par le Président.

 

ISBE: Enfin, un petit mot sur l'Equipe de France puisque vous prenez la encore la suite de Pierre Vincent. Au regard des 24 présélectionnées, vous avez des idées de composition d'équipe?

 

V. G: (rires) Oui je reprends la succession de Pierre, là encore. Ce qui est sûr, c'est qu'il ne faut pas oublier qu'Elodie Godin ne veut pas revenir pour l'instant, Isa (Yacoubou) fait une pause qui est justifiée. Elle a besoin de souffler un peu. Emmeline (Ndongue) arrête, Edwige (Lawson-Wade) arrête, Céline (Dumerc) et Sandrine (Gruda) s'en vont en WNBA et nous rejoindront après leur WNBA. Voilà, il y avait une liste à faire et obligatoirement dans cette liste, il y a de nouveaux visages.

 

ISBE: Quels seront vos objectifs sur ce Mondial?

 

V. G: Le seul objectif qu'on se fixe, c'est d'essayer de créer un groupe parce qu'avec tout ce que je viens de vous dire avant, ce n'est plus le même groupe. Ce n'est déjà plus le même groupe qu'aux JO, ni celui de l'Euro. C'est d'essayer de créer un groupe qui puisse être compétitif dans un an où là la compétition, elle sera importante. Il faut essayer par l'intermédiaire de l'Euro de se qualifier pour les JO, c'est ça le vrai objectif. On n'est pas dans la même configuration d'équipe, il y a une petite fin de cycle. Il faut continuer avec des anciennes qui ont de l'expérience et qui vont être accompagnées de joueuses plus jeunes. Pour l'instant je suis ouverte à voir les gens travailler pour essayer de construire la meilleure équipe possible. 

Pour moi, c'est acquérir de l'expérience, vivre une 1ère compétition internationale avec un nouveau groupe.

 

ISBE: Merci infiniment Valérie Garnier pour votre disponibilité et votre gentillesse. Ce fût un réel honneur de pouvoir échanger avec vous à quelques jours de la finale retour du Championnat. Nous vous souhaitons le meilleur et le 13ème titre de Champion de France pour le club.

 

V.G: De rien, merci à vous. A vendredi