Samedi soir, les Havraises ont manqué de jus pour pouvoir faire face à des Paloises qui n'ont jamais douté. Laurent Chamu est certes déçu de cette défaite, mais le parcours du promu et tout à fait honorable. Il revient pour Inside Basket Europe sur ce match et les difficultés pour le club normand de jouer le maintien.
Inside Basket Europe : Vous avez longtemps inquiétés les paloises en menant à plusieurs reprises. Mais en fin, qu'est-ce qui a complétement lâché ?
Laurent Chamu : Le physique tout simplement. Malheureusement je n'ai plus que cinq pros parce que j'ai deux blessées, mais les filles se sont battues et ont donné ce qu'elles ont pu. En fin de match nous n'avions plus de répondant et dans ces conditions avec trois joueuses de vingt ans dans l'équipe, il nous a manqué l'expérience ce qui explique le score final.
C'est dommage parce que nous étions longtemps devant Pau. Après quand on peut plus, quand on n'a plus d'essence dans le moteur ça devient compliqué. J'ai grillé mes trois temps-morts et j'ai essayé de faire quelques rotations avec des joueuses régionales qui complètent le banc.
Sans faire dans la dramaturgie, avec le plus petit budget de Ligue 2 je suis obligé de reconnaître que quand on s'engage avec sept joueuses, et quand on a deux joueuses majeures qui sont blessées, c'est compliqué. Néanmoins je suis content de mes joueuses, parce qu'elles ont lutté, elles ont joué les yeux dans les yeux avec Pau qui est une équipe de playoffs. Y a quand même des motifs de satisfaction pour les échéances futures.
ISBE : On voit bien que le Havre doit souvent jouer avec seulement 6 joueuses à plus de 30min par match. Comment dans ces conditions pallier ce manque d'expérience ?
L.C : On va continuer à travailler sur la vidéo et sur les points faibles. On doit travailler collectivement et aussi faire progresser les jeunes. Nous devons être malins tactiquement pour renverser certaines situations.
Nous n'avons pas le choix. Vous savez on n'est habitué au Havre : on a été champion de France de Nationale 1 avec six joueuses l'année dernière et cette année on joue à sept. Ce soir on est cinq donc au final il faut truquer.
ISBE : Diriez-vous qu'il faut bricoler ?
L.C : Je n'aime pas trop le mot bricolage. Pour moi il faut truquer. Ce n'est pas péjoratif que de dire ça, mais il faut arriver en fait à bien lire le jeu adverse, les faire déjouer et malheureusement ce soir nous l'avons pendant 35 minutes. C'est véritablement le manque de rotation qui nous fait perdre ce match.
ISBE : Une des principales forces c'est son secteur intérieur avec Sarah Ousfar ou encore la grande Aïda Fall, mais cette dernière a manqué de lucidité en fin de match. Comment l'expliquer ?
L.C : Aïda c'est une grande d'1m96 et comme toutes les grandes d'1m96 elle a du mal à jouer longtemps, elle a besoin d'une rotation et c'est pour ça que mon américaine va être très importante dans les futurs matchs.
Je ne peux rien reprocher à Aïda, elle a fait un gros boulot et à la fin elle craque. C'est humain aussi le basket. Quand tu peux plus, bah tu peux plus. Après mentalement tu peux essayer de trouver des ressources, mais elle piochait déjà pas mal dans le troisième quart-temps, ce qui fait qu'elle était à bout de course à la fin.
ISBE : Malgré cette défaite à Pau, vous avez déjà 3 victoires sur 7 rencontres, un bilan plutôt bon pour un promu. Quels sont les points que vous allez travailler ?
L.C : Sans forcément dévoiler les secrets, on va surtout retravailler le collectif offensif. Ces derniers temps nous avons été un peu faiblards dans ce secteur du jeu, à l'image du match de ce soir parce que on ne marque seulement que 58 points. Nous n'avons marqué que 59 points contre l'INSEP (59-58 lors de la 6ème journée). Il faut que l'on travaille le tir sérieusement et développer notre cohésion collective.