Hier, nous vous annonçions qu'Ali Traoré venait de signer pour le reste de la saison avec le club d'Amchit au Liban. Le joueur français a déjà énormément changé d'équipes dans sa carrière entre Lyon, Le Havre, Rome, la Russie, Berlin et plus récemment Nanterre. Ces deux dernières années, des blessures récurrentes aux genous l'ont empêché de montrer pleinement toutes ses qualités et ses compétences. Il a donc du alterner entre réeducation et jeu dans différents championnats.
L'été dernier, il a continué sa réeducation pour revenir plus fort. Rapidement, il a souhaité revenir en Pro A afin de retrouver un championnat qu'il connaît bien, reprendre ses marques sur les parquets et retrouver le rythme. Son objectif était clair : se refaire une santé en Pro A avant de rejoindre une bonne équipe en Europe, voire même une grosse écurie. Alors, lorsqu'hier, le joueur annonce sa signature dans un club tel qu'Amchit, ce fut étonnant pour beaucoup. Pour comprendre cette situation, il faut faire un petit retour en arrière.
En octobre, il signe avec la JSF Nanterre. Tout le monde se dit que c'est une très bonne nouvelle et pour la Pro A et pour Nanterre. La JSF a remporté le titre la saison dernière et joue l'Euroleague. La situation semble donc parfaite pour le pivot de 29 ans qui va pouvoir jouer, retrouver la forme et tout cela dans la lumière. Son contrat était très clair, il portait les couleurs de la JSF jusqu'en décembre...dans l'espoir de rejoindre ensuite une grosse écurie. Au final, cette expérience est un échec car si l'on pensait que des équipes comme le Fenerbache pourrait l'appeler, c'est une équipe de seconde zone, il faut le dire, qui a engagé le joueur. Ce n'est pas si étonnant que cela et il faut juste regarder les statistiques : Traoré a joué 7 matchs avec une moyenne de 9 minutes, 3,7 points, 2,9 rebonds (et 4,6 d'évalutation). Bien loin des 15,6 points et 4,9 rebonds de la saison 2009/2010 avec l'ASVEL.
Dans le journal L'Equipe d'aujourd'hui, Alo Traoré est revenu sur l'épisode Nanterre et le moins que l'on puisse dire, c'est que tout ne s'est pas passé comme prévu. Lorsqu'il signe à Nanterre, il se met d'accord avec le coach : il doit jouer pour retrouver la forme. Alors qu'il aurait pu signer avec le Paris-Levallois, il a quand même décidé de rejoindre Nanterre et aujourd'hui, il le sait, c'était une erreur :
Au début de la saison, quand le coach (Pascal Donnadieu) a tergiversé pour me remettre dans le groupe, alors que la saison avait déjà recommencé, j'avais l'occasion de signer dans un autre club de Pro A (Paris-Levallois) avec une grosse perspective de temps de jeu et je regrette amèrement de ne pas l'avoir fait.
S'il a signé à Amchit, ce n'est pas par envie mais bien parce qu'il n'avait pas le choix :
Amchit est la seule équipe qui m'ait fait une offre. Les autres m'ignoraient totalement.
Après son contrat avec Nanterre, il ne pouvait pas rejouer à nouveau en Pro A. Mais, surtout, aucune équipe européenne n'est venue vers lui pour le signer :
Ensuite, une dizaine d'équipes européennes ont trouvé bizarre que je ne joue pas beaucoup à Nanterre. Pour elles, il était impensable que je sois pratiquement troisième pivot, cela voulait dire que j'étais forcément encore blessé. Je me mords les doigts d'avoir signé à Nanterre, c'était une erreur.
Son rôle a été quasi-inexistant avec Nanterre et évidemment qu'il n'a pas pu se montrer et surtout prouver que les blessures étaient derrière lui. L'aventure n'est donc pas une réussite pour Traoré qui se doit maintenant de rebondir du côté du Liban et revenir, on l'espère, plus fort. Lui en tout cas a déjà un objectif en tête, revenir en Pro A la saison prochaine et prouver :
Je le ferai l'an prochain, je suis très revanchard.
On l'espère pour lui en tout cas. On attend de voir la réaction du côté de Nanterre après cette sortie dans les médias. Etait-ce une bonne idée de se confier ? En même temps, on peut comprendre le joueur car beaucoup étaient étonnés de cette signature mais aussi de son rôle et de son temps de jeu du côté de Nanterre. Les choses sont plus claires maintenant.