Le ridicule nous rend-il plus fort ?

Le ridicule nous rend-il plus fort ?

Vincent Couty 22/12/2013 à 23h48

Haaaa, ça faisait bien longtemps que je n'avais pas produit un "Je peux écrire ça" digne de ce nom... un beau, un vrai, un issu d'un coup de gueule quoi ! Il a fallut qu'un évènement survienne dans notre championnat Pro A pour que la moutarde me monte au nez... mais il faut dire qu'on m'a bien aidé aussi.

Alors tout d'abord pourquoi ce titre ??

Le ridicule nous rend-il plus fort est un savant mélange de deux dictons qui se sont appliqués dans la semaine qui vient de s'écouler :

- Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort
et
- Le ridicule ne tue pas

C'est bien sympa de parler en dictons, ça fait "vintage" et so 50's mais à un moment donné il faut enchaîner... donc...

... il n'a échappé à personne que la bagarre entre le Paris-Levallois et le BCM Gravelines a fait couler beaucoup d'encre (encore une expression vintage). On ne va pas cracher dans la soupe nous autres les sites internets car ça a fait le buzz et donc notre beurre. Moi ce qui me fait marrer au passage c'est l'espèce de récupération faite par ceux qui d'ordinaire se foutent du basket et qui ne parlent que de Nanterre et de Tony Parker que parce que c'est tendance. Ces JOURNALISTES PROFESSIONNELS comme on me l'a un jour spécifié en lettre MAJUSCULE qui veulent les exclusivités mercantiles là où notre réactivité les surpasse, se sont emparés de l'événement et ont diffusé les "terribles" images, les "c'est pas bien" images, les "hahaha le basket c'est pas mieux que le foot" images, faisant découvrir à la plupart des gens qu'il y a un championnat de Basket Français VOIRE même une ville qui s'appelle Gravelines... et je ne parle même pas de ceux qui étaient étonnés parce que pour eux le basket est un sport de "fillette" (je les engage à faire une session de 10 minutes avec Georgi Joseph et on verra qui est la fillette à la fin !)

Bref... une histoire bien génante pour Monsieur Alain Béral et la LNB, lui qui clame son temps passé à vouloir donner plus de visibilité au basket n'a pas dû se réjouir d'une telle mise en lumière, et ce à quelques encablures des journées de Noël, symboles de soutien et de fraternité. Une fois les punitions récoltées (ou non) par les joueurs responsables de la baston générale, une fois que ceux qui nous disaient que ce n'est pas bien de se battre avaient cessé les multidiffusions de l'événement, les deux clubs n'avaient plus qu'à montrer une belle réaction sur le terrain et c'est exactement ce qu'il s'est passé... la magie de Noël était en train d'opérer. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort et pour ceux qui voulaient qu'on ouvre Alcatraz pour accueillir Jawad Williams n'ont plus qu'à se jeter un bon vieux film d'Eastwood en prennant une voix rauque !

Mais dans l'histoire du sport il y a des "8 secondes" qui ne pardonnent pas. Le regretté Laurent Fignon en avait fait les frais en perdant le tour de France 89 face à Greg LeMond et on se demande qui va payer la note cette fois-ci... parce que c'est là que le ridicule ne tue pas. Après avoir interrompus la rencontre suite à la bagarre PL-BCM il y avait deux solutions... terminer aussitôt le match avec les acteurs non sanctionnés OU faire rejouer complètement le match.

Cette dernière solution, radicale il est vrai aurait été en fait bien moins ridicule que la solution trouvée par la LNB qui a fait ni plus ni moins qu'un mélange des deux. Est-ce que Gravelines va réellement devoir se fader 304 km et 46 euros de péage (merci Mappy) pour venir officiellement perdre de 8 pts ?? Sur combien de règlements la LNB si protocolaire va-t-elle s'asseoir pour en faire respecter un seul point ?

Monsieur Christian Devos le président Gravelinois a raison... qu'on entérine la victoire de Paris et qu'on n'en parle plus ! Ce sont quand même ceux qui voulaient qu'on tourne la page du livre qui sont en train d'en écrire la plus mauvaise fin, à moins que ça ne soit un recueil de blague.

Allons qu'on retourne à nos histoires de Petits Poucets qui gagnent et d'Ogres qui perdent, qu'on continue de penser que l'argent ne fait pas tout et surtout que les grands médias arrêtent de parler de basket parce qu'il n'en parle jamais comme il faut, ni quand il le faut.