Boris Diaw : ''Objectif : chercher une nouvelle médaille pour la France''

Boris Diaw a rejoint ses coéquipiers de l'équipe de France pour le deuxième stage de la sélection nationale qui se déroule actuellement à Pau.

Boris Diaw vient de faire sa rentrée avec l'équipe de France à  Pau, après avoir eu un temps de repos supplémentaire après sa saison dantesque du côté des Spurs de San Antonio. Le capitaine des Bleus répondu à nos questions au cours de la conférence de presse de ce matin :

 

Boris Diaw : "Ça va très bien, je suis reposé et j'ai eu aussi le temps de m'aérer la tête, c'était le but de ce congé plus long que d'habitude. J'ai eu une longue saison après le championnat d'Europe, j'ai tout de suite attaqué avec les Spurs. Cela représente plus d'une centaine de matchs donc il fallait une coupure que ce soit mentale ou physique. C'est ce que j'ai fait pendant ces quatre semaines passées. Je me sens maintenant requinqué et prêt pour attaquer sur toute la campagne."

 

Est-ce que tu savoures encore ton titre NBA ?

 

 ​B.D :"C'est passé. Ça a été une grosse célébration la semaine qui a suivi le titre. C'est vrai qu'après j'ai tout de suite coupé, notamment pour pouvoir réalisé car pendant cette semaine de célébration et d'événements on ne réalise pas forcément. Je suis donc parti de suite  en vacances pour m'aérer la tête, pour faire retomber la pression et l'euphorie d'avoir gagner le titre NBA. J'ai ainsi pu me concentrer directement sur la suite, les nouveaux challenges et ce qui reste à gagner."

 

"Je n'ai pas fait de sport. Physiquement, il peut y avoir des blessures parce qu'il y a saturation et qu'il n'y a pas de repos. Donc à un moment, il faut savoir couper complétement et l'arrêt d'activité physique c'est aussi pour le mental. Faut que la tête arrête de courir partout. Donc j'ai eu droit à un repos total.

 

Comprends-tu la décision de Tony parker de ne pas jouer cette coupe du monde ?

 

 B.D : Il n'y a pas eu à discuter. Chacun a un rythme différent, et Tony, par ses petites blessures qui se sont enchaînées, a montré des signes de fatigue par moment. Il fallait arrêter pour éviter une grosse blessure. Je comprends complétement qu'il décide de se reposer tout cet été. Nous avons tous notre propre rythme, nous avons tous des obligations différentes, et par exemple il vient d'être papa et ça fatigue encore plus (rires). Je n'ai pas besoin de me lever à six heures du matin pour donner le biberon personnellement, j'ai donc du repos d'avance par rapport à ça."

 

Quels sont les objectifs de l'équipe de France ? 

 

B.D : "L'objectif c'est d'abord une continuité. Nous avons mis des années avant d'arriver à ce niveau-là sur la scène internationale. Comme je l'ai toujours dit, c'est le groupe France qui a progressé, c'est le groupe France qui a gagné le titre de champion d'Europe l'année dernière, et pas uniquement les douze joueurs présents à cette compétition."

 

"Cela a pris du temps, il fallait de la construction et on a vu que chaque année ce groupe France a progressé. Maintenant, nous sommes arrivés à un niveau sur lequel il faut rester, et ne pas faire le yo-yo. Nous sommes les champions d'Europe en titre, donc nous avons un titre à défendre. Nous avons mérité notre qualification pour le championnat du monde maintenant il va falloir représenter la France du mieux possible. Pour nous il n'y a pas d'autre optique que d'aller chercher une nouvelle médaille pour la France. On a une équipe pour, un groupe qui progresse chaque année, y a toujours des nouveaux joueurs et d'autres qui partent, mais le but, c'est aussi de faire du renouvellement pour rester au meilleur niveau."

 

Est-ce qu'à plus de 30 ans on savoure plus ce titre NBA et de champion d'Europe ?

 

B.D : "Il aurait fallu que je gagne rapidement pour pouvoir comparer. Mais il est vrai que l'attente, les années de construction font que gagner ce titre NBA et d'Europe après toutes ces années procure de grosses joies, de grandes sensations. Cela fait des années que je joue en NBA c'est ma onzième année. Il a fallu surmonter les coups durs, les éliminations lors des playoffs, et à chaque fois il faut revenir comme l'année dernière, alors que nous étions tout près du titre.

 

"On apprécie encore plus ce titre dans ces circonstances. On sait qu'une carrière de basketteur dure entre 10-15 ans, c'est autre chose si vous faites du golf où vous pouvez rester plus longtemps. Mais je ne cherche pas à avoir la plus longue carrière et la finir en me disant je vais jouer 10 minutes et faire acte de présence. Je peux encore profiter de jouer, tant que je peux avoir un rôle et ce sont ces années-là qui sont les meilleures dans une carrière."

 

Ton rattrapage avec l'équipe de France sera physique ou tu vas directement rentrer dans les systèmes ?

 

B.D : "Je pense que je fais faire un peu des deux de toute façon. Après le rattrapage sera plus physique qu'autre chose puisque les systèmes sont les mêmes que l'année dernière. Je les connais assez bien. Ce sera pareil avec les joueurs. Il n'y a pas beaucoup de joueurs que je ne connais pas dans ce groupe-là donc il n'y aura pas beaucoup de retard par rapport à ça."

 

Toujours un plaisir pour toi de revenir à Pau

 

B.D : "C'est ce que j'ai dit au DTN. Si nous avions commencé à Pau, je serais venu au début du stage (rires). Effectivement, j'ai un gros attachement à la ville de Pau. C'est quelque chose de spécial quand l'équipe de France vient ici, parce que cette ville c'est aussi là où j'ai gagné certains de mes titres les plus importants de ma carrière avec l'Elan Béarnais."

 

Comment allez-vous gérer l'absence de TP ?

 

 ​B.D : "Nous allons forcément jouer différemment. Si bêtement on regarde les stats et on se dit TP c'est 23 points de moyenne, on ne va pas choisir un joueur qui va mettre ses 23 points qui vont nous manquer. Nous allons jouer différemment tout simplement. TP on s'appuyait dessus parce que c'est un des meilleurs du monde, donc il y avait beaucoup de choses qui passaient par lui. Le fait qu'il ne soit pas là, on va s'appuyer sur d'autres joueurs, on va peut-être plus s'appuyer sur des points intérieurs. Les responsabilités vont donc être partagées. Nicolas Batum va avoir une plus grande part de responsabilité sur le terrain, ainsi que tous les autres joueurs. Ça va être la même chose pour Nando de Colo, pour moi, pour Mickael Gelabale et à l'intérieur aussi. 

 

Boris a aussi tenu à rassurer les fans des Spurs suite à l'opération à la hanche du technicien Gregg Popovich en expliquant qu'il avait eu de ses nouvelles et que le coach de l'année en NBA reprenait la marche.